GPS #13# Gros Plan Sur Jolly Molly & Nini Lapointure (Toulouse Burlesque Lab)

Les interviews GPS ‘Gros Plan Sur…’ sont publiées chaque mardi.
Parce que j’aime les gens de la vie et la vie des gens, ces petits portraits seront un joli moyen de découvrir -ou d’en savoir plus sur- ces personnes inspirantes.
Après Émilie Dejean et Floriane Attal de la compagnie Toupie Pôle, Muriel Darras, et Kévin Séguy, voilà Jolly Molly et Nini Lapointure du Toulouse Burlesque Lab.
(Et pour plus de fun, le duo a répondu séparément…

Le Toulouse Burlesque Lab kezako ? Dans le milieu on dit TBL. Et les élèves utilisent même le jeu de mot T’es belle pour désigner ce concept où l’effeuillage burlesque (et d’autres choses encore comme le chant, l’estime de soi, etc) se décline en spectacles, cours ou stages. Le TBL a été créé en 20017 par deux nanas un peu givrées. Outre le fait de s’amuser et d’oser, il s’agit là également d’exprimer ses émotions, de se sentir belle-beau et ce, peu importe à quoi l’on ressemble : grand, ronde, maigre, vieux, jeunette. 

Le burlesque c’est dire ce qu’on a envie de dire sous la forme que l’on veut : l’humour, la poésie, le militantisme, le drame, le glamour. 

Ce duo de charme, de choc et de chic propose des cours ou des stages d’effeuillage burlesque. Voilà bien une activité rare pour se lâcher et s’éclater !

Jolly Molly chante, s’effeuille, pose devant l’objectif et écrit même des chansons. Elle découvre le burlesque en 2015 dans un cours d’effeuillage. Féministe jusqu’au bout de ses ongles, elle y trouve une manière d’exprimer sa féminité et sa personnalité.

Son message pour de futurs élèves : Cultivez votre originalité tout en connaissant les bases du burlesque. Soyez-vous même  ! Dites ce que vous avez à dire, mais par pitié racontez-nous des histoires. Faites-nous vibrer par votre personnalité et ne comptez pas sur les strass du costume pour éblouir votre public.

Nini Lapointure chante et s’effeuille aussi, pose également, et danse, joue et compose des chansons. Elle s’épanouit dans le burlesque depuis 2012 dans des spectacles où glamour rime avec humour.

Son message pour de futurs élèves : Je les invite à rejoindre notre école, première école burlesque toulousaine, le TBL. Plus sérieusement, s’agissant d’une personne qui veut pratiquer juste pour le plaisir, je dis qu’il ne faut pas hésiter, qu’on n’a rien à perdre (si ce n’est nos vêtements) et tout à gagner : en cours et en stage, c’est une discipline qui booste l’estime de soi et crée un vrai esprit de sororité (nous proposons également des cours boylesques, adressés aux hommes, mais nos cours sont principalement dédiés à un public féminin). Contrairement à ce qu’on peut anticiper, on n’est absolument pas jugé sur son physique, son apparence, sa façon de bouger : tout le monde est là pour apprendre et se concentre sur les exercices, pas sur ce que fait l’autre. Et il y a de la place pour tous les genres, couleurs de peau, silhouettes, pilosités, masses graisseuses, âges…
Pratiquer dans l’intimité (devant son/sa chéri.e ou devant son miroir) ou sur scène lors d’un gala ou d’une scène ouverte est une expérience incomparable et libératrice qui vaut le coup d’être vécue. 
Car s’effeuiller, ce n’est pas nécessairement chercher à séduire l’autre en se déshabillant, c’est mettre en scène son corps, l’utiliser pour raconter un histoire et procurer des émotions.

Pour les personnes qui aimeraient en faire un métier, je dirais qu’il faut faire preuve de beaucoup de créativité pour se démarquer, faire attention aux endroits où l’on joue (tous les publics ne sont pas prêts ou bienveillants et tous les espaces scéniques ne sont pas adaptés), ne pas brader les spectacles car ça reste un métier, ne pas utiliser l’appellation ‘effeuillage burlesque’ si on n’en respecte pas les codes (par exemple, j’ai moi-même quelques numéros où il y a nudité totale que je ne vends pas comme de ‘l’effeuillage burlesque’) et enfin entrer en contact avec les autres effeuilleuses de la région pour essayer de travailler dans un esprit de communauté plutôt que de rivalité : il y a de la place pour tout le monde et les artistes, a fortiori dans cette discipline, ont tout à gagner à être soudé.e.s.
Ah et aussi, si vous ne ramassez pas vous-même vos vêtements, soyez aimable avec la personne qui le fait (communément appelée Stage Kitten). 

 

1/ Qu’est-ce qui te fait lever le matin ?
À part une envie de pipi ou ma fille, c’est l’envie de créer de tout. Tout le temps. Avec n’importe quoi mais pas n’importe qui ! Procurer des émotions au public et être fière de moi.

2/ Quel est l’endroit dans la ville rose (ou de la région) dans lequel tu te sens le mieux ?
Je ne me sens pas bien en ville… J’habite en appartement alors au moins une fois par an je pars dans une maison d’hôte au Col des Ares à Malvézie qui s’appelle Pyrénées Émotions. J’y suis sereine, c’est au cœur de la forêt et, fait exceptionnel, je m’y endors à 22h30 sans problème  !

3/ Quelle est ta réplique préférée ?

– Christian : C’est donc bien toi qu’elle aime, — et tu l’aimes aussi  !
– Cyrano : Moi  ?
– Christian : Je le sais.
– Cyrano : C’est vrai.
– Christian : Comme un fou.
– Cyrano : Davantage.

Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Ce Davantage de Cyrano est absolument fabuleux. Aimer plus qu’un fou… Rendez-vous compte  !

4/ Quel est le plus beau compliment que l’on t’ait fait au sujet de ton travail ? 
Il y en a eu deux qui m’ont particulièrement marquée et j’aurai bien du mal à choisir alors je vais raconter les deux !
Le premier vient d’une élève. Après un spectacle elle est venue nous prendre -Nini et moi- dans ses bras et nous a dit : Merci d’exister, vous pouvez pas savoir le bien que vous nous faites  ! 
Et une autre fois c’est venu de la part d’une parfaite inconnue. Lors d’un spectacle au Kalinka,  j’ai fait une performance très intense qui parlait d’insomnie et où je me faisais mal sur scène. Cela faisait partie du personnage qui perdait la tête parce qu’elle ne parvenait pas à dormir et faire taire les voix dans sa tête. Et à la fin du spectacle, cette dame m’a demandé si elle pouvait me faire un câlin. J’ai répondu : Oui bien sûr. Et elle a ajouté un Merci avant de repartir. Je ne sais pas ce que mon numéro a réveillé en elle, mais ça l’a touchée et c’est tout le but de mon travail. 

5/ La question Bernard Pivot : Quand tu arriveras là-haut, comment voudrais-tu être accueillie par Dieu et/ou Satan ?
Avec un mojito et un forfait all inclusive.

6/ Justement, restons dans l’humour noir, quelle sera ton épitaphe ?
Morte de rire.

7/ La -double- question Thierry Ardisson : Ton dernier coup de gueule et ton dernier coup de cœur ?
Mince, je crois que je gueule tout le temps… Globalement tout ce qui touche aux violences faites aux femmes. Le sexisme m’insupporte et je peux facilement m’emporter sur ce sujet qui m’a touchée et me touche encore personnellement. 
Mon dernier coup de cœur… Un stage de théâtre de Marie-Cécile Fourès, je ne sais pas si tu la connais… [NDLR : touchée-coulée].

8/ Tu penses à quelle chanson pour remplacer La Marseillaise ? 
Je suis de BigFlo et Oli si on veut un hymne réaliste et percutant, un portrait simple et percutant.
L’homme songe d’Aldebert si on veut danser sur de la poésie multiculturelle dans les stades et devant les monuments aux morts (Ça me plairait bien).
L’hymne à la joie de Beethoven mais c’est déjà l’hymne européen.
Je t’ai déjà dit que j’avais toujours du mal à choisir  ?

9/ Qu’est-ce qui fait que tu réponds un grand OUI à un nouveau projet ?
L’originalité, le message, les gens avec qui je vais travailler. Si ça me provoque une émotion c’est gagné. Il faut que cela me parle, sinon rien de sortira de moi.

10/ Lorsque l’on te reconnait ou aborde dans la rue, tu te sens comment ?
On ne m’a jamais reconnue dans la rue (Du moins pas dans un cadre professionnel), mais peut-être que la gloire de l’effeuillage frappera à ma porte un jour et les fans viendront m’assaillir. Pour le moment je profite du calme avant la tempête.

11/ Un slogan pour 2021 ? 
Vous allez vous aimer les uns les autres bordel de merde  !? (Tiens ça aurait pu être dans mes citations aussi celle-là).

12/ Ferme les yeux et fais un vœu… Lequel ?
Que tous les humains soient immédiatement doués d’empathie, ça éviterait pas mal de bricoles je pense…

L’actu de Molly

  •  Il y a eu la rentrée de l’association donc la reprise des cours, puis le gala des élèves, le début des nouvelles activités, cours de chant et chorale burlesque avec Nini, ateliers confiance en soi avec moi
  • Nous espérons également des dates pour le spectacle Once upon burlesque de la troupe l’Échappée Burlesque
  • Retourner sur les planches du cabaret Le Kalinka pour leurs spectacles
  • Nous avons également un tournage de clip pour un groupe de musique
  • Un projet photo avec Laurent Ringeval sur le thème du consentement
  • Et des projets également avec le duo Entre les draps… Et tout ce que l’on pourra nous proposer !

J’aime Nini pour son imagination sans limite  ! Elle est dingue et j’adore ça. C’est une bosseuse comme j’en ai rarement vue. Elle sait exactement ce qu’elle veut et fera tout pour parvenir à son objectif. Il y a très peu de choses qu’elle ne sache pas faire ou qu’elle ne se donne pas les moyens d’apprendre. Elle est multi-talentueuse. En vrai, j’ai toujours été admirative de son travail. C’est pas juste de mettre autant de trucs bien dans une seule personne ! Jolly Molly

Avec Jolly Molly nous sommes profondément connectées et complémentaires ce qui est un atout considérable. Mais si je ne devais choisir que 3 de ses qualités qui font de notre travail en binôme un vrai plaisir, je dirais d’abord qu’elle est brillante et créative : elle a plein de talents divers et variés qui suscitent mon admiration (et pour moi, c’est primordial de travailler avec quelqu’un avec qui il y a une admiration ou du moins un respect du travail mutuel) ; Ensuite elle ose : si parfois je peux me laisser submerger par le doute, elle sait prendre le taureau par les cornes et viser toujours plus loin ; Enfin elle est très empathique : étant toutes deux très sensibles, c’est une qualité importante pour avancer main dans la main. Elle est dans le top 3 des gens avec qui je partage le plus de temps (avec mon chéri et ma fille) parce qu’en plus d’être ma collègue, elle est l’une de mes meilleures amies. Il faut un sacré équilibre pour qu’une telle relation fonctionne. Et ça, ce n’est possible que grâce aux belles qualités que je viens d’énumérer (et à plein d’autres que je vous invite à découvrir par vous-même). Nini Lapointure

 

1/ Qu’est-ce qui te fait lever le matin ?
La faim !

2/ Quel est l’endroit dans la ville rose (ou de la région) dans lequel tu te sens le mieux ?
Jusque-là, mon endroit préféré de la ville rose était la ballade du Quai Saint-Pierre au Quai de Tounis : j’adore la vue sur la Garonne, les ponts, La Grave… Ainsi que la vie qui fourmille (ou se détend) dans le quartier de la Daurade. Mais maintenant que j’ai emménagé dans le quartier Croix-Daurade (qui n’a rien à voir même si je réalise la similitude des noms en répondant à cette question !), mon endroit préféré est probablement mon balcon.

3/ Quelle est ta réplique préférée ?
Je veux m’envoler dans le bleu de l’espace, je veux tout ce que je n’ai pas : un ami qui me comprenne et des livres par centaines, sans m’occuper des gens qui jacassent…
La Belle et la Bête, de Disney.

4/ Quel est le plus beau compliment que l’on t’ait fait au sujet de ton travail ? 
Certaines personnes me disent éprouver davantage de bienveillance envers leur propre corps après m’avoir vue sur scène. C’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire.
Chanter par cœur mes compositions est un autre formidable compliment (deux personnes m’ont déjà fait ce cadeau).

5/ La question Bernard Pivot : Quand tu arriveras là-haut, comment voudrais-tu être accueillie par Dieu et/ou Satan ?
Ouh là… Je n’ai pas encore bien arrêté mon avis sur ce qui m’attend après ici. J’aime bien l’idée que je peux encore m’améliorer dans une prochaine vie. Mais si ce n’est pas le cas, j’aimerais qu’on m’accueille avec des paillettes. Beaucoup de paillettes.

6/ Justement, restons dans l’humour noir, quelle sera ton épitaphe ?
Rien n’est gravé dans le marbre, sauf les épitaphes. (Je ne sais pas si c’est vraiment approprié pour mon épitaphe personnelle, mais depuis que j’ai écrit cette phrase, je rêve de la placer !!).

7/ La -double- question Thierry Ardisson : Ton dernier coup de gueule et ton dernier coup de cœur ?
Mes coups de gueule tournent généralement autour de la grossophobie et la non acceptation des corps en général, des agressions sexuelles (leur multiplication sous l’indifférence générale si ce n’est la compassion des autres victimes, les dysfonctionnements de la justice française à ce sujet…) et des inégalités et intolérances entre hommes, femmes, queer… Ces sujets reviennent de façon récurrente car, d’après ma propre expérience, il y a du taf pour que ça bouge. Mais pour être tout à fait honnête, mon coup de gueule qui manque de portée, c’est celui contre les affiches de cirque avec des clowns (alors, on est bien d’accord, faut pas non plus mettre des animaux dans les cirques). Je parle au nom de tou.te.s les coulrophobes de France : on en a marre de faire des crises d’angoisse au volant à chaque fois qu’un cirque fait sa promo. Faites des affiches avec des acrobates, on vous appréciera davantage. 

Je suis une grande amatrice d’oracles et de tarots, genre j’en ai une soixantaine et c’est pas fini… Aussi, mon dernier coup de cœur se porte le Goddess Dream Oracle de Wendy Andrew aux éditions Rockpool Publishing. C’est un jeu en anglais aux illustrations et messages d’une grande richesse, très inspirant et réconfortant. J’en profite pour annoncer que je mets tout en oeuvre pour faire publier mon propre jeu, L’En-cas. Affaire à suivre !

8/ Tu penses à quelle chanson pour remplacer La Marseillaise ? 
Aaaah… J’aurais aimé pouvoir jouer les divas en citant une de mes compositions, mais elles ne sont probablement pas assez patriotiques (en vrai, j’ai vérifié !). Je n’ai pas d’idée précise, mais je pense qu’il serait bon de choisir un morceau instrumental : ainsi, on porte des émotions sans aucun risque de dire des âneries (que ce soit des propos qui portent préjudice à autrui ou des valeurs mal défendues).

9/ Qu’est-ce qui fait que tu réponds un grand OUI à un nouveau projet ? 
Du moment que j’ai le temps et les moyens d’y participer et qu’il correspond à mes valeurs (bon, ça fait déjà pas mal de conditions à aligner), il suffit de me poser la question.

10/ Lorsque l’on te reconnait ou aborde dans la rue, tu te sens comment ?
Fière et émue. Enfin si ça a un rapport avec mon travail. Le Mademoiselle t’es charmante !, lui, m’apporte plutôt des sentiments de colère, d’insécurité et de désespoir.

11/ Un slogan pour 2021 ? 
Si un pamplemousse passe, tout passe ! (Et venez voir mon spectacle Amour & Glockenspiel ! – enfin, quand on pourra le programmer !).

12/ Ferme les yeux et fais un vœu… Lequel ?
Du bonheur, de l’amour et des paillettes pour tou.te.s ! 

L’actu de Nini

  • En ce qui concerne les cours de Toulouse Burlesque Lab, nous aimerions pouvoir accueillir encore plus d’élèves car nous sommes submergées par les demandes (nous y réfléchissons) et nous avons le plaisir cette année d’investir le cabaret Le Kalinka pour nos cours hebdomadaires
  • Nous proposons aussi de nouvelles activités : les ateliers confiance en soi et les ateliers créatifs de Jolly Molly, mes cours de chant individuel et ma chorale burlesque !
  • En ce qui concerne la scène, si l’évolution des conditions sanitaires le permet, j’aimerais faire tourner mon spectacle Amour & Glockenspiel, seule en scène musical alliant amour, humour, sexualité et développement personnel…
  • Nous avons également plusieurs projets en commun avec Jolly Molly : L’Échappée Burlesque qui travaille sur une version améliorée de son spectacle Once upon Burlesque, une mise en scène des magnifiques compositions d’une amie avec plusieurs chanteuses-comédiennes, ou encore d’éventuelles déclinaisons de Salaces Résolutions avec la Compagnie Voraces que nous affectionnons particulièrement. Je ne peux pas donner de détails, mais les idées sont là et on y travaille…
  • Comme chaque année, il y aura le gala TBL en scène en fin d’année scolaire. Nous étudions la possibilité de continuer à proposer, comme ce fut le cas l’année passée, des scènes ouvertes burlesques
  • Et bien-sûr, je reste disponible pour proposer mes numéros burlesques et mes tours de chant dans des événements publics ou privés (Le site de Nini)

Pour garder le contact avec ces Belles Burlesques

La page Facebook du Toulouse Burlesque Lab et les profils de Jolly Molly et de Nini Lapointure // Sur Instagram en voilà une, et de deux ! // Le site

[Crédits photos MaRoPhée, FactoTom, Laurent Ringeval et collections privées]

Les prochaines interview GPS

 Interview réalisée en septembre 2020 par Marie-Cécile Fourès

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