GPS #6# Gros Plan sur Robin Barrière

Les interviews GPS ‘Gros Plan Sur…’ seront publiées chaque mardi.
Parce que j’aime les gens de la vie et la vie des gens, ces petits portraits sont un joli moyen de découvrir des personnes inspirantes.
Ce mois-ci c’est Robin Barrière qui inaugure la rubrique.

Robin est réalisateur et scénariste de nombreux court-métrages, séries TV, web-séries, captations de spectacles, publicités, clips, ou films de communication d’entreprises.

C’était un enfant timide pour qui raconter des histoires, dessiner ou faire de la musique était (et est toujours) une façon de raconter sa vie par le biais d’un medium qui mélange tellement d’arts. Comme tous les réalisateurs, il y a beaucoup de films qui l’ont marqué, comme ceux de Steven Spielberg, Terry Gilliam ou Hayao Miyazaki. Robin se dit alors que réaliser sera pour lui le plus beau métier du monde…

Il aime les histoires qui racontent une part d’enfance, de folies passagères ou quotidiennes, la technologie qui élève ou fait régresser, les empathies et les différences… 

‘Tout ce qui nous touche, que les émotions soient douces ou fortes, me passionne.’

C’est épuisant, frustrant, stressant mais quand ça marche, quand tout se réunit pour concrétiser l’idée qu’on avait en tête quelques jours, semaines ou heures avant, c’est totalement magique.

Dans ses films, on retrouve toujours effectivement une part d’enfance. Et pas mal de folies en tous genres. Robin et son équipe d’HappyGrumble Productions participent très souvent aux 48 hours film projet : écrire réaliser et monter un film en 48 heures ! Un sacré challenge qui ne leur a jamais fait peur. Et en plus, ils en ressortent toujours avec de nombreux prix. Robin est également capable de faire jouer tout son village dans un court-métrage ou encore d’en réaliser un en dix jours pendant le confinement. 

1/ Qu’est-ce qui te fait lever le matin ?
Ça peut paraître banal mais je pense que je vis avant tout pour ressentir des émotions, quelles qu’elles soient, et que pour la vie me surprenne par ses détours. Ses hasards. Ses rencontres… Donc je me lève le matin pour ces moments-là, où je me suis senti utile, ou en phase. Où j’ai le sentiment d’avoir apporté quelque chose, que ce soit dans le domaine professionnel, amical ou familial (pour moi, tout se mélange de toutes façons !). 

2/ Quel est l’endroit dans la ville rose (ou de la région) dans lequel tu te sens le mieux ?
J’adore les cinémas évidemment. Je trouve qu’il y a quelque chose qui se passe à chaque fois que la salle s’éteint, ça me met toujours un frisson, quel que soit le film. J’aime aussi beaucoup les librairies et les bibliothèques. Et enfin les salles de spectacles, où de la même façon, il y a des vibrations qui souvent me touchent. Après, je dirais que ça dépend moins des lieux que des gens qui m’accompagnent…

3/ Quelle est ta réplique préférée ?
Difficile de choisir tellement il y en a ! Celle qui me vient à l’esprit là tout de suite c’est Je m’appelle Inigo Montoya. Tu as tué mon père, prépare-toi à mourir ! dite par Mandy Patinkin dans Princess Bride de Rob Reiner. C’est un film que j’aime beaucoup, et cette réplique à la fois terrible, touchante et en même temps très drôle est totalement à l’image du film, qui jongle entre la parodie et le merveilleux avec une maestria jubilatoire.

4/ Quel est le plus beau compliment que l’on t’ait fait au sujet de ton travail ?
Les plus beaux compliments sont souvent les plus simples. Souvent, il n’y a même pas besoin de mots : sentir une salle qui rit ou frémit pendant la projection d’un de mes films, c’est indescriptible. Après, j’ai UN souvenir très mémorable, au sujet d’un documentaire que j’avais monté (mais pas réalisé) auquel Jeanne Moreau avait participé. Elle m’a dit : Le montage est magnifique. Ça, je ne l’oublierai jamais.

5/ La question Bernard Pivot : Quand tu arriveras là-haut, comment voudrais-tu être accueilli par Dieu et/ou Satan ?
Peut-être on pourrait me dire : Alors, le film de ta vie, tu l’as trouvé comment ? 

6/ Justement, restons dans l’humour noir, quelle sera ton épitaphe ?
Ne pas déranger, en cours d’écriture de son prochain film.

7/ La -double- question Thierry Ardisson : Ton dernier coup de gueule et ton dernier coup de cœur ?
Je pense que ma contrariété la plus forte ces derniers temps c’est ce sentiment de colère que je sens monter, notamment sur les réseaux sociaux… Je ne parle pas du fait qu’elle soit justifiée ou non, c’est juste qu’elle me fait peur personnellement. Les gens deviennent de plus en plus enclins à leurs émotions primaires, et elles ne me plaisent pas beaucoup. Je ne vois rien de romanesque ou romantique à tout casser… Je trouve ça toujours beaucoup plus facile de détruire que de construire…
Pour ce qui est de mon coup de cœur, on a eu l’occasion d’organiser une petite soirée de retrouvailles avec une partie de l’équipe qui m’accompagne sur mes films depuis de nombreuses années, et malgré ces mois d’éloignement, rien n’a changé : ce sont toujours des gens formidables, doux, talentueux, généreux, avec qui je me sens tout simplement bien.

8/ Tu penses à quelle chanson pour remplacer La Marseillaise ?
Ce qui me vient à l’esprit là tout de suite, c’est Des hommes pareils de Cabrel. On ne peut pas dire que ce soit une chanson très rock ou punk, mais il dit des choses importantes. Naïf sans doute, mais je m’en fous !

9/ Qu’est-ce qui fait que tu réponds un grand OUI à un nouveau projet ?
Les gens avec qui je vais travailler sur ce projet et surtout l’esprit qui l’anime : pour faire un projet sur lequel on va consacrer des jours, des semaines ou des années, il faut une vraie conviction au départ, un feu qui nous donne l’énergie nécessaire pour tenir. C’est toujours LA bonne idée de départ qui décide de tout le reste, puisque tout en découle.

10/ Lorsque l’on te reconnait ou aborde dans la rue, tu te sens comment ?
Ça m’arrive très rarement. J’ai toujours préféré être derrière la caméra que devant, et heureusement les gens retiennent plus les acteurs que les réalisateurs ! Sinon quand ça a pu m’arriver, je rougis et bafouille des choses moyennement intelligentes… Mais ça me touche.

11/ Un slogan pour 2021 ? 
L’année du vaccin. J’espère.

12/ Ferme les yeux et fais un vœu… Lequel ?
Qu’on me permette de raconter les histoires que j’ai dans la tête et dans le cœur. Un film ça coûte cher, mais j’ai des amis formidables qui m’entourent, et il me tarde qu’on puisse tous ensemble travailler sur ces projets dont on parle depuis des années. Juste un dernier coup de pouce du destin, et on fonce !

L’actu de Robin

  • J’ai profité du confinement pour écrire deux projets : un long-métrage qui s’appelle Les Zankikineurs co-écrit avec mon collègue Benoit Nieto. C’est un film qui mélange des images filmées et des créatures en animation. Une histoire très grand public, et je pense que ça peut être à la fois très drôle et super touchant. Je crois beaucoup en ce projet. 
  • J’ai aussi une idée de série pour enfant : Amimaginaire, adapté lui aussi d’un court-métrage qui a voyagé dans le monde entier, et qui s’adresse aux tout-petits, en leur racontant la découverte du monde qui les entoure. 

Quitte à passer pour un Bisounours, je ne m’engueule JAMAIS sur un plateau de tournage ! Je déteste ça, j’estime que le talent n’a rien à avoir avec de la rage ou de l’autorité mal placées. Et c’est pour ça que c’est primordial de bien choisir son équipe. Pour moi, plus un tournage est doux et drôle, mieux c’est. Même quand on tourne un drame.

J’ai quand même vécu pas mal de situations étonnantes : genre faire le ‘meneur de manif’ à 23h30 dans les rues d’Avignon devant une centaine de personnes. Ou bien diriger des enfants sur des tournages… Ça fait peur à plein de gens mais moi j’adore ça, c’est presque du documentaire animalier ! Les enfants sont toujours surprenants… Et comme j’adore l’imprévu…

Pour garder le contact avec Robin

Son site // Sur Viméo // Robin sur Instagram // Et la page Facebook de HappyGrumble Productions

[Crédits photos Alexandre Doumenjoula, Cécile Sadonnet, Philippe Aussella et Emma Ng Kon Tia // Logo HappyGrumble Maxime Rey-Camet]

Les prochaines interview GPS

 Interview réalisée en août 2020 par Marie-Cécile Fourès

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